Bienvenue sur le site du Vallée Montmorency Triathlon

17/09/2016

L'Evergreen 228 : Jéjé y était et vous raconte ça!

posté à 10h01 dans "Résultats"

un peu de lecture pour le week-end (j'ai eu du mal à faire plus court).
L’Evergreen 228 ,
Cet hiver, en manque d’inspiration ‘’ironman’’ et lassé des courses labélisées ou il faut s’inscrire 1 an à l’avance et y laisser un gros billet : j’hésite pour 2016 à me lancer uniquement sur un ultra-trail à la place d’un IM. Mais je découvre cette nouvelle épreuve qui se déroule sur Chamonix :
L’Evergreen, est le triathlon « XXL » le dur, le plus beau et le plus écologique au monde. Cet évènement consiste en:
-Une épreuve de natation de 4km dans le très beau lac de Montriond.
-Un parcours vélo spectaculaire de 183km à travers les paysages alpins de Savoie et Haute-Savoie, incluant des cols hors catégorie.
-Un parcours course à pieds épique de 43km sur trail, sur les deux versants de la vallée de Chamonix.
Soit un total 228km, pour un dénivelé positif total de plus de 7400m.
Pour avoir fait 4 x l’ultra trail du Mont Blanc (2x la TDS et 2x l’UTMB), l’évocation de tous ces lieux magiques m’emballent et le teaser fini par me convaincre: je valide mon inscription mi-Décembre.


La date de l’épreuve approchant : je m’aperçois que j’ai signé pour un drôle de truc quand même ! Va falloir rouler et faire du dénivelé! Pas évident en région Parisienne mais pour ça je compte sur mon camp d’entrainement (chez mes beaux-parents dans les Pyrénées Orientales, un grand merci à eux au passage), ceci à ne pas renouveler tous les ans car j’ai passé mes 3 semaines de vacances à m’entrainer (moyenne du mois d’Aout =20h/sem).
J’arrive donc à Chamonix confiant sur ma capacité à boucler cette épreuve sans être inquiété par les barrières horaires mais j’avoue que le parcours vélo m’inquiète un peu (jamais roulé dans les Alpes).
La veille de course est consacrée au briefing obligatoire (que j’aurai du mieux écouter) et à la préparation des sacs de transitions, nous avons le choix pour la dépose du vélo : soit l’organisation nous l’emmène la veille ou on vient avec le matin. Mon pote Mjé étant là pour l’assistance je décide de garder le vélo avec moi.
(Mon assistance de pro : mon pote Mjé un ancien collègue de travail finisher du Tor des Géants est là avec son amie, Adèle qui fait le Half).
Le jour J, samedi 10:
3h du matin ça pique : je me réveil avec la désagréable impression de ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Petit dèj léger (l’excellent pain au Maïs de Cham), j’ai pas faim à cette heure trop matinale mais il faut faire le plein des batteries. Après une 1 heure de route en somnolant à l’arrière de la voiture nous arrivons à Montriond sur le site de départ, un magnifique lac à 1000m d’altitude mais il fait tellement nuit que je pose mon vélo ne sachant toujours pas où il se situe. L’eau est annoncée à 17° mais il y a un petit changement due aux algues: le départ sera donné sur le côté (un petit 200m en rab à faire chaque tours mais pas pour tous !).
6h30 le départ est donné au son d’une grosse cloche, effectivement il y a un peu d’algues sur les premiers mètres que j’attrape à plein main pour avancer au lieu de pousser sur l’eau. Je trouve mon poisson pilote rapidement et reste sagement dans les pieds en mode économie d’énergie, le jour se lève à la fin de la première boucle (36’ et plus de 2km),

au deuxième tour je commence à avoir froid et j’ai même des crampes dans les doigts ,il me tarde de sortir de l’eau (la montre bip le 4ième km et suis encore en plein milieu du lac), à la dernière bouée je distingue un groupe sur le côté qui la shunte et tire directement sur la sortie, ça m’énerve de me faire gratter des place comme ça…mais bon c’est une broutille à coté de ce qui nous attend. 1h16’ ,j’ai jamais nagé autant :la montre affiche 4,5km quand même !.


Je récupère mon sac qui est plein à craquer (sac transition format sac à chaussures un peu juste pour y mettre tout son matos), je m’équipe difficilement en grelottant : maillot + gilet + manchettes, pas de chaussettes (mais j’aurais dû).

C’est parti pour le chantier vélo ! 10km facile et bim le premier des 9 cols que je grimpe prudemment en mettant d’entrée le braquet maxi (34x28), je me suis réchauffé et quitte manches et gilet (dans la descente, j’ai failli m’en mettre une, c’est malin…). J’enchaine les cols et les vues à couper le souffle, Je me régale dans les descentes (à côté de mes routes des Pyrénées c’est du billard, le passage du tour de France doit y être pour quelque chose). Col de Joux Plane, de Morillon, de Romme… Arrive le Col de la Colombière !!! Il est midi, on est en plein soleil avec un vent de Sud chaud, je ruisselle, mais pourtant je me sens super bien et sans vraiment accélérer, je vais doubler 3 ou 4 concurrents dans cette rampe qui avoisine les 11% sur la fin. Au sommet je récupère mon sac de ravitaillement perso déposé la veille (qui me permet de faire le plein de mes 2 bidons de boissons iso et d’avaler 1/4 de gâteaux sport). Après la grimpette ben c’est la descente mais oups : en suivant un cycliste je suis descendu trop bas et arrive à une intersection sans indication, mince faut remonter (je peste : ce n’est pas assez dur faut que j’en rajoute…3km de rab).
Suive une portion plus roulante mais pas des plus agréable car il y a pas mal de circulation et maintenant j’ai la trouille de me tromper à nouveau, c’est toujours avec le braquet maxi que je passe le Col des Aravis, puis la Côte de Vaudagne qui à la particularité d’avoir une portion fermée pour travaux : il faudra donc passer à pied dans un chemin de terre bien raide que je fais accompagné d’un bénévole qui me pousse d’une main dans le dos en me disant de profiter de la vue sur le Mont Blanc mais le bougre m’a fait monter les pulsations à me faire trottiner dans ce chemin (merci pour l’ascenseur je lui balance). c’est cuit et essoufflé que je rechausse pour les derniers kms, la traversé des Houches dans le sens inverse du parcours de l’UTMB me donne des frissons, plus que quelques kilomètres de plat, mais j’en ai marre et j’ai hâte de poser le vélo et déboule dans l’air de transition comme sur un sprint. Pied à terre, on m’annonce que je suis 17ième (8h31 de vélo), j’y retrouve le pote Mjé (je pouvais pas être plus précis : lui avais dit 10h pour nat + bike et j’ai mis 10h03).
Ni une ni deux un bénévole me prend le vélo et un autre me donne mon sac, je me pose sur un banc pour m’équiper en traileur, mon fidèle assistant me prépare ma gourde et nous quittons ensemble l’air de transition en p’tites foulées, traversons une rue commerçante de Chamonix sur 500m (parfait pour se dégourdir les jambes avant d’attaquer le kilomètre verticale), Mjé me décroche les bâtons du sac et me laisse attaquer la pente (il faut qu’il s’occupe de sa championne aussi : Adèle terminera 3e fille sur le half, bravo !).

Direction la Flégère, c’est raide! et il fait encore bien chaud, je monte à bon rythme en poussant bien sur les battons (un peu trop même la natation à rallonge a laissé des traces), 2 gars me passent, je m’écarte et conserve mon allure qui devrait m’assurer d’aller au bout (aujourd’hui mon seul adversaire est moi-même). J’ai vidé ma gourde, j’ai faim mais pas envie de sucré, il me tarde d’arriver au ravitaillement, 6km en 1h30 et 1000d+ : le ravito ! ouf, j’y fais honneur : pain frais + jambon + et un coca pour faire glisser le tout, refais le plein d’eau et repart la bouche pleine encore (dommage pour le sourire sur la photo 100m plus loin).
Au briefing ils avaient dit ‘’roulant’’ après ce passage, je m’exécute donc et me force à courir surtout que je suis revenu sur les gars qui m’avaient doublé et me dit que ça serait bien de garder le contact pour pas trop chercher mon chemin. Les jambes bronchent pas donc c’est jusqu’au retour sur Chamonix que je vais courir (malheureusement en oubliant un peu de boire et manger), fin du chemin j’arrive sur une route et continu sur celle-ci toujours avec mon gars en visu mais j’ai un doute ? 21km au compteur et la route s’élève, le gars se retourne et reviens vers moi : tu as vu un balisage ? Non rien ! Nous faisons demi-tour ensemble et retrouvons 2 autres égarés, heureusement une personne nous fait signe de loin de venir dans sa direction et nous accompagnera d’ailleurs jusqu’à l’air de transition, sympa. En attendant mon sac de ravitaillement perso, qui je vois arriver : mon Mjé qui était au resto à coté et m’a vu passer (il en a profité pour laisser madame régler la note), il est 20h30 : je m’équipe pour la nuit et essai de manger mais ça passe pas et recrache tout dans la poubelle à côté, pas grave on fera avec les réserves. J’emboite le pas de mes 2 compagnons d’échappée me disant qu’à 3 on a 3 fois moins de chance de se louper, c’est parti pour la deuxième boucle sur l’autre versant. Le début est pénible car il faut traverser tout Chamonix à cette heure de grande affluence (il fait encore bon : les terrasses sont bondées), 2km de plat ou je me suis forcé à courir pour rester au contact, puis nous attaquons le pentu (1300m d+ sur 7km), le sentier est étroit avec beaucoup de végétation, l’air est humide c’est pas top pour la vision nocturne avec la frontale. Sentant le rythme ralentir, et étant bien à ce moment je décroche mes compagnons un peu avant d’arriver au refuge dont on nous a vanté les mérites des tartes salées des tenanciers, l’accueil y est très chaleureux, parfait car j’ai grand besoin de remettre du carburant dans la machine et me reste que des gels qui me donnent la nausée rien que de les regarder. J’y prendrais donc tout mon temps, attablé je m’enfourne : un jus de pomme bio + une tarte tomate basilic qui me réveille les papilles. Mes compagnons d’échappée arrivent et font de même, je patiente pensant repartir avec eux mais ils sont plus gourmant que moi, je repartirais donc seul jusqu’au balcon du Plan de l’Aiguille (5 à 6 km de sentier en balcon, avec la vallée de Chamonix plus de 1000 m en contre bas, magnifique même de nuit), par contre faut faire hyper gaffe ou poser les pieds car ce n’est que des grandes dalles plus ou moins stables. La fatigue commence à se faire sentir et ne suis plus très lucide, le rythme chute et me fait rattraper par le binôme que j’ai abandonné au refuge, je leur souhaite la bienvenue car j’ai grand besoin d’un éclaireur, je titube, mes lentilles me brulent les yeux. Je me range dans leur sillage jusqu’au dernier ravitaillement : une petite tente tenue par 3 jeunes de la région, j’y avale un café et un bout de banane mais ça passe pas. Nous repartons pour les derniers 8 km tout en descente (y’a plus qu’a se laisser descendre nous ont dit les d’jeuns), j’y espérais me laisser dévaler mais cette descente s’avère être hyper technique : que de la caillasse et des racines, après mainte trébuchages je me laisse décrocher de mes ouvreurs pour rallier Chamonix à mon rythme et surtout pour pas m’en mettre une si proche du but ! à la sortie du chemin un bénévole est la pour nous guider et me dit plus que 500m, j’ai un peu de mal à le croire car je me suis déjà fait avoir : ici ils parlent en d+, mais si !! j’ai le télécabine de l’aiguille du midi en visu, de la moquette verte au sol !! ça sent bon la finish line !! je passe sous l’arche vers 1h30 du matin donc un peu intimement, juste accueilli d’une poignée de main par le chef d’orchestre de cette magnifique organisation, il me remet la médaille de finisher (qui est en bois avec une cordelette).

Ça y est c’est fini, je ne réalise pas trop, à peine ému (je me souvient d’avoir terminé l’UTMB en larme),

J’appel mon assistance, toujours aussi efficace : 5min plus tard j’étais à l’appart dévorant le petit sandwich au fromage et jambon de pays qu’une gentille bénévole m’avait préparé en l’attendant.


176 au départ, 112 finisher, Pour ma part, ce sera finalement une vingtième place en 18h47’.
1h16 de natation qui n’était finalement qu’une formalité, 8h31 de vélo et 8h48 de trail, un triathlon hors format que j’apparente plus à un ultra trail. Que je referais bien volontiers …
Jérome

 

le teaser


Autre news:
15/12/2017 : Le Bike & Run de Franconville : podium 100% VMT
20/11/2017 : plus de 40 VMTs à la Ronde d'Ermont !!!
01/10/2017 : La coupe de France des Clubs à l'Aiguillon sur Mer
27/09/2017 : Les kids ouvent la saison par un podium !
25/09/2017 : la finale duathlon D3 à Noyon : l'équipe du VMT monte en D2
21/09/2017 : Triathlon de Vernon L par équipe en CML
17/09/2017 : L’EVERGREEN : la course de l’extrême et Week-End gastronomique
31/08/2017 : IRONMAN de Vichy : le récit de Thibault
29/08/2017 : IM et Half de Vichy : le récit de Gaétan
01/08/2017 : L'Iroman de Nice : le CR d'Emilien


» Consulter les archives

RSS