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31/08/2016

IRONMAN VICHY : le récit de Jacques

posté à 11h52 dans "Résultats"

Vous savez tous ce qu’est un triathlon ironman …un truc de malade pour certains, une victoire sur soi même pour d’autres, une idée de ce que peut-être la vie pour moi…faite de challenges, d’excitation, de succès que l’on savoure, d’insuccès dont on se relève.

Bref, au cas particulier il s’agissait d’enchaîner 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et 42 kilomètres de course à pied, soit un marathon…le graal du triathlète, l’épreuve mythique.

Sur Ironman il existe un avant, un pendant et un après, car on sort transformé de cette épreuve.

Cela démarre quelques mois avant la date fatidique, par un agréable sentiment, une émotion sympathique, une interrogation « je le fais…oh c’est dingue…non je ne pourrais jamais… » et puis on navigue sur Internet, on compare, on entend les ami(e)s qui ont déjà goûté à cette aventure, et puis un jour, presque sur un coup de tête on clique…l’inscription est lancée, la machine est en marche... et quelle machine !

Ce sont des heures et des heures d’entraînement, des dizaines, des centaines de kilomètres parcourus dans les trois disciplines, un engagement de tous les instants, qui va croissant au fur et à mesure que l’échéance se rapproche. Pour moi, l’échéance était fixée au 28 août 2016…

Quelques jours avant ce fameux dernier dimanche du mois d’août, l’angoisse qui me tenaille depuis un moment monte d’un cran, la canicule s’est installée et les températures annoncées sont effrayantes. Je suis presque certain désormais que la combinaison de natation sera interdite et pour le piètre nageur que je suis, c’est une catastrophe…je vais me prendre au moins 15 minutes dans les dents, sur le parcours de 3,8 kilomètres, par rapport au temps que j’escomptais réaliser.

Je passe par toutes les émotions, détermination, anxiété, doute …oh p….si je n’étais pas à la hauteur de l’évènement, ce serait vraiment terrible avec tous les amis, tous les proches qui me soutiennent et m’encouragent.

Enfin, le jour J est là, tant attendu, je n’en pouvais plus …je suis sur le ponton de départ de la natation, les athlètes se jettent à l’eau, quatre athlètes toutes les 3 secondes… j’avance, je n’ai plus peur…je vais aller au carton… je saute dans l’eau et je nage… trois battements de bras, une respiration, et ainsi de suite…malgré l’absence de combinaison, cela ne va pas mal, même si j’ai conscience de ne pas aller très vite…je veux surtout économiser de l’énergie pour la suite qui s’annonce terrifiante avec le cagnard annoncé. Allez, mec, continue comme ça…tu es bien, relax, pas de crispation, c’est tout bon. Première ligne droite d’un kilomètre effectuée, demi-tour et fin de la 1ère boucle, sorti à l’australienne, j’entends les encouragements d’Emmanuelle et d’Elodie et je replonge…2ème boucle …c’est long, très long, je commence même à cailler. Enfin la sortie de l’eau, je suis sauvé !…le reste, pédaler et courir je sais faire.

Vite la transition, ne rien oublier, les gels énergétiques, le casque, enfourcher le vélo et roule nénesse c’est parti pour 180 kilomètres, les premiers kilos défilent sans pression, je me réchauffe et je commence à appuyer. Je vois mon compteur qui s’affole, 35, 36 km / heure, hey mec calme-toi sinon tu ne vas pas aller au bout.

Je gère l’effort et la 1ère boucle est avalée à un bon rythme…il commence à faire chaud, très chaud, mais au loin des nuages noirs s’amoncellent et annoncent un orage…cool cela va refroidir l’atmosphère…effectivement quelques gouttes de pluie se mettent à tomber et le vent se lève, inattendu et pénible, d’autant que j’ai déjà 140 bornes dans les cannes, je me motive en me disant que j’en ai presque terminé et j’appuie encore. Voilà les faubourgs de Vichy, la dernière descente, le parc à vélos, vite sauter du vélo, poser le casque, enfiler les runnings et en avant pour 42 kilomètres, sous les encouragements de ma douce et des amis présents.

Vu la canicule, j’avais prévu de ne pas courir plus vite que 12 km / heure mais avec l’orage la température a baissé, je me sens bien, alors j’envoie et je boucle le premier 10 km en 43 mn…prétentieux le mec, bien trop prétentieux… je me suis emballé d’autant que les nuages ont disparu, laissant la place à un soleil de plomb et une chaleur accablante, moite.

J’engage le 2ème tour sur des bases plus raisonnables mais le mal est fait et au 18ème kilomètre, je prends un coup de bambou terrible…j’ai la tête qui tourne, le sang qui me cogne les tempes, je n’ai qu’une trouille, tomber dans les pommes et me faire arrêter par le staff médical. Inenvisageable. Je m’astreins alors à ralentir, à m’hydrater, à m’arrêter à chaque ravitaillement pour m’arroser…

Troisième tour, je sais maintenant que je vais vivre l’enfer, les jambes sont dures, j’ai mal, terriblement mal et je suis irrémédiablement entamé. La pensée fugace de m’arrêter, marcher, juste pour que la douleur s’arrête me traverse l’esprit…et puis non je ne flancherai pas, pas devant Emmanuelle qui m’encourage tant qu’elle peut, dont le regard s’est teinté d’inquiétude, pas devant mes potes qui suivent ma course sur le Net, ou ceux qui sont présents sur les bords de l’Allier, je ne flancherai pas, jamais.

Je me dis juste qu’il faut boucler ce 3ème tour et que je ferai le 4ème au moral, à la détermination. Yes, 3ème tour bouclé. Je m’astreins à penser positif, à être focalisé sur la finish line qui se rapproche à chaque pas.

Les derniers kilomètres, dans la ligne droite qui longe l’Allier, sans une parcelle d’ombre, sont un enfer. Enfin, je suis sur le pont qui me ramène vers la ligne…j’entends qu’on hurle mon nom …je vais chercher les dernières ressources pour relancer et finir en guerrier.

Enfin, les gradins, le tapis rouge, l’arche d’arrivée. Mon nom qui s’affiche, le speaker qui hurle « Jacques, You are an Ironman »… je l’ai fait. Je l’ai fait…Quel pied !!

Il me reste de cette merveilleuse aventure un sentiment de fierté bien sûr, mais aussi de magnifiques émotions, l’amitié de mes ami(e)s, le regard de mes enfants, les yeux embués de larmes de ma femme, qui m’embrasse.

Merci à tous de votre soutien et de vos encouragements. Jacques

merci Jacques et bravo !!!
Jérome

 


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