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12/11/2013

Les championnats du monde Xterra, c’est fait !!!

posté à 14h43 dans "Résultats"

Un récit de Loïc, c'est toujours émouvant et..long !

"C’est une histoire extraordinaire qui commence fin 2011 lorsque j’inscris mon père et moi-même sur l’Xterra France dans les Vosges pour l’édition 2012 (1,5 km de nat, 39 de vtt et 9 de trail). A la sortie de cette course très boueuse et exigeante, je finis à peine dans la 1ère moitié du tableau et mon père, pourtant vttiste, arrive trop tard pour partir en course à pied, il est donc disqualifié.

Déçu par le couperet de la barrière horaire et cet abandon obligatoire, son objectif 2013 est bel et bien de prendre sa revanche et de finir cet Xterra français qualificatif pour les championnats du monde à Mauï dans l’archipel d’Hawaii. Ils seront 3 dans sa catégorie en 2013 à concourir dont une seule place pour Mauï. Le 1er des 60-64 ans finit loin devant et mon père empoche la place de second mais très content cette fois ci d’avoir terminé.

2013 doit marquer la fin de sa carrière de triathlète et c’est au triathlon de la Baule en septembre (que l’on fera ensemble) que le « jubilé » doit avoir lieu. Mais coup de théâtre mi-août lorsqu’il reçoit un mail de l’organisation Xterra lui indiquant qu’il a un slot pour Mauï, surement parce que le 1er a décliné l’invitation. Aucune question ne se pose : il y va !!!!

De mon côté, l’idée de l’accompagner me trotte dans la tête mais quitte à y aller, pourquoi ne pas demander une place, à tout hasard ? Un mail opportuniste et bien ficelé me donnera raison et l’orga m’envoie un slot (contre 500$ évidemment) pour pouvoir participer aux Championnats du Monde d’Xterra. C’est vraiment un truc de fou qui nous arrive !!!! Rendez-vous est donc pris pour le 27/10/2013 à Kapalua sur le site du palace Ritz Carlton qui accueille l’évènement.
Au départ de ce périple, 3 concurrents (père et fils Dumusoy et un triathlète du club de mon père également qualifié par repêchage dans sa catégorie 45-49 ans à Xonrupt) et 1 supportrice de choc : ma mère.

Arrivée le mercredi soir après 30h de voyage, le vendredi est consacré à la reconnaissance du parcours vtt. Eh bien on va souffrir car c’est très pentu. Je reviens un peu cuit et je me rends vite compte que je suis sous entrainé. On n’enchaine pas avec la cap, on verra le jour J.
L’avant course est également marquée par une série de crevaison qui me fait racheter des chambres à air. Mais le jour J, c’est avec une vieille chambre réparée que je pars et avec un stress supplémentaire : l’idée de me dire que « crever = abandon de course » m’envahit souvent et ne me rend pas du tout serein, comme si j’avais besoin de ça !!!!

Le samedi soir est consacré au briefing suivi d’une pasta party qui n’en a que le nom : c’est top ! Couverts en argent au Ritz, bonne cuisine, présentation US très bien ! L’après diner c’est rasage et séance tatoo, les guerriers se préparent.

Dimanche 27 octobre, D-Day : arrivée sur site à 7h30 pour un départ à 9h, il fait déjà beau et chaud, c’est le grand jour. Il y a plein de monde partout, plein d’athlètes aux tablettes de chocolat, des scott, s-works et autres cannondales en carbone….et un rockrider aux bouées généreuses !

Tout le monde peut accéder au parc à vélo (même les supporters) où on se place comme on veut dans le rank. Pas d’arbitre non plus pour contrôler les skinsuits, c’est l’esprit Hawaiien !

L’ensemble des concurrents se met dans l’eau pour quelques longueurs d’échauffement, on entend l’hélico arriver, c’est bon !!!! Il y a plein de photographes partout ainsi que des caméramens, j’en ai jamais vu autant. Avant l’hymne américain, on a le droit à la bénédiction du chef local Hawaïen, sympa !

Puis c’est le départ des pros, ça va vite, ça passe bien les vagues mais je reste concentré, dans quelques secondes, c’est mon tour. Puis PAN, les amateurs hommes s’élancent. La plage est grande donc on ne se bouscule pas. Je passe bien les vagues et c’est parti pour 1500m dans une eau chaude et transparente où on voit le fond. Puis 2’ après, c’est au tour des féminines de s’élancer, qu’est-ce qu’elles vont vite : je n’ai pas encore fait 500m que 2 ou 3 me doublent à une vitesse impressionnante.

Au passage à l’australienne (1000m), je sors en 19’44 donc je suis bien car on nage sans combinaison. Ensuite un aller-retour de 500m et c’est fini pour la 1ère épreuve. Au final, je sors de l’eau en 28’54, mais en 29’30 au tapis et en 31’ et des brouettes après la T1 où il faut déjà monter un faux plat sur 200m pour rejoindre son bike.

Puis c’est la partie vtt qui commence. Je suis dans le gros du paquet puisque je suis sorti 363ème de l’eau sur environ 700 au départ. On commence par 13 kms de montée où il est difficile de creuser les écarts, ça tombe bien, j’ai les grosses cuisses, je suis le mouvement et me fait doubler malgré tout. C’est dur, j’en chie mais je ne suis pas venu pour le tricot. Je pose pied à terre plusieurs fois, il fait chaud dans certaines portions où il n’y pas de vent, c’est dur quand même !

Les deux longues descentes sont un réel plaisir car je suis tout seul, personne devant pour me gêner. Je ne prends pas trop de risques car je veux vraiment finir la course en entier. Pas de sauts dans les descentes, pas d’extérieur sur les virages, la prudence est de mise.

La fin du parcours est plus agréable que lors de la reconnaissance où elle m’avait parue longue et chiante. Cependant il s’agit de singles très sablonneux avec des racines et malgré deux avertissements, la chute arrive. Rien de grave mais je perds le lièvre qui était devant moi et qui m’aidait à anticiper. La lucidité n’est plus présente, je manque une nouvelle fois de tomber. Dernier virage puis arrivée sous un pont qui signifie les derniers 500m où on finit sur du bitume en descente. Je lève les bras au ciel tel un vainqueur en me disant que le plus dur est passé et que je vais finir ces championnats du monde ! L’émotion me gagne mais je reste vigilant pour éviter une nouvelle chute. Les gens applaudissent et encouragent : « good job, you’re a winner, congratulations » c’est super sympa car ils ont dû en voir plein devant !!!!

En arrivant dans le parc à vélos, je me rends compte qu’il y a plus de vélos que d’habitude…bon c’est normal, on n’est pas au triple fun de Cergy en même temps !!!

Puis c’est parti pour la cap et l’inconnu, enfin pas tout à fait car on reprend une partie du parcours vtt, notamment le début où ça monte tout le temps. Les 5 1ers kms ne font que monter les 5 autres que descendre (quoique !). Je commence par courir mais très vite, je marche dans les côtes. En gros, sur les 5 kms j’ai dû marcher 80% du temps ce qui explique que je passe en 38’ aux 5 bornes, on a vu mieux comme moyenne ! Je suis exténué, cuit, mort, dead et même marcher est une difficulté en côte, seul l’arrêt permet de récupérer mais je perds beaucoup de places.

Vivement la descente qui est agréable mais avec quelques obstacles et notamment une escalade où il faut s’agripper aux branches pour passer la difficulté. S’en suit une montée sur bitume d’environ 200m où il m’est difficile de mettre un pied devant l’autre tellement je suis mort. Autant sur IM marcher permet de se reposer mais là, ça reste encore un effort terrible.

Pour finir, le parcours nous ramène au point de départ c'est-à-dire sur la plage (que je passe pas trop mal, merci toutes ces années de moniteur de voile) et enfin les 200 derniers mètres avant la finishline. Il y a encore pas mal de monde malgré mon heure tardive et je suis super heureux de me faire cueillir par ces vahinés qui me tendent le collier comme récompense. Ça y est j’ai participé et fini aux Championnats du Monde d’Xterra à Hawaii, putain c’est énorme !!!!

Je n’avais pas d’objectif temps et mon seul but était de terminer cette course à laquelle je ne pensais jamais concourir.

C’est fini, j’en ai bien profité pendant 4h11, j’en ai chié faut bien l’avouer mais heureux de pouvoir arborer fièrement cette médaille de « survivor ». Je n’avais pas le niveau sportivement parlant pour me qualifier et y participer mais je finis tout de même cette course magique dans un cadre extraordinaire avec des parcours exigeants mais digne d’un championnat du monde tant par leur difficulté que par leur beauté et leur diversité. Merci encore à l’orga de m’avoir donné ce slot magique !

Au final :
30’ en natation en gros, 2h24 de vtt pour 32 kms et 1h10 de trail pour 9,6 kms exactement ce qui fait une 402ème place au général sur 665 arrivants (700 au départ à peu près).
Mon père finit en 5h18 et 591ème, heureux survivor également.

Quelle belle fin de carrière que de finir par les championnats du monde, bravo car faire cette épreuve à 61 ans, je dis chapeau.

Olivier Roux, notre acolyte fait une sacrée perf puisqu’il finit en 3h19 soit 140ème au scratch et 6ème de sa catégorie à 4’ du podium. Avec une meilleure natation, l’estrade lui tend les bras l’année prochaine.

Enfin un dernier mot à tous les participants et notamment les plus âgés à qui je porte une admiration particulière. En effet, c’est une épreuve exigeante qui demande beaucoup d’énergie, une sacrée VMA, de la technicité et faire ça à plus de 50 ou 55 ans ou bien en étant handicapé, je dis BRAVO !"
Loïc.

 

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