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26/08/2010

Saga de l'été - IM de Nice - Episode final - Philippe ou le récit d'un bizut...performant !

posté à 18h44 dans "News"

Six heures du matin, en combi, les pieds sur les galets de la plage de Nice. Le jour tant attendu est enfin - ou déjà ? – arrivé. A ma grande surprise, la joie d’être ici est plus forte que le stress de ne pas arriver à boucler mon premier Ironman.

La natation n’étant pas ma spécialité, je choisi de me ranger dans le sas 1h25, et de nager en style rando loin de la foule et des coups de pieds. Tout ira bien et dans ces conditions, je me ferais même plaisir, mais je sais que beaucoup de mes potes du VMT sont déjà sur leur vélo !

Dans la tente de transition, affairé à fermer mes chaussures de vélo, j’entends une voix tranquille :
« Ça va Philippe ? »
Je lève les yeux, pour voir Yves, arrivé juste avant moi.
« Oui, mais je suis content d’être sorti de l’eau ! Et toi ?
- Pareil, mais c’était sympa cette natation ! »

Quand la jolie bénévole, que je n’ai pas vraiment regardée, a fini de me passer la crème solaire, je pars en vélo à la poursuite de Laurent, que je sais devant moi et rattrapable. C’est vers Saint-Laurent du Var que je repère sa tenue VMT devant moi. Arrivé à sa hauteur, nous échangeons quelques paroles. Nous sommes tous deux heureux d’être la, un peu sur nos gardes, et surtout impressionnés par la montée qui nous attend. Nous nous encourageons mutuellement et je m’éloigne progressivement, en sachant que je suis maintenant tout seul pour les 160 km restants.

L’entraînement sérieux, et l’expérience des 4000 m de dénivelé de l’Ardéchoise me permettent de rester zen face à ce parcours, sur lequel il va falloir s’économiser.
Un peu plus loin, dans la côte de Gattières, j’ai la bonne surprise de repérer une autre tenue VMT, que je rattrape doucement car il va moins vite que prévu:
« Ça va Vincent ?
- Non, j’ai bu de l’eau de mer et j’ai un mal de bide terrible »
Après quelques paroles d’encouragement mutuelles, je m’éloigne progressivement pour les 150 km restants.
Je suis impatient d’attaquer le col de l’Ecre qui arrive enfin, et passe comme une lettre à la poste grâce à mon nouveau vélo et mes 66 kg. Au ravitaillement perso, je pense à Loic qui m’avait conseillé les bretzels, et les déguste en roulant sur la magnifique route du plateau de Caussols. Une bonne bière fraîche aurait parfait le tableau. La descente ombragée vers Gréolières est un pur moment de bonheur. La cote de Saint Pons passe également sans soucis. A l’ombre, sur mon plateau de 34, j’ai l’impression que mon vélo pourrait m’emmener au bout du monde.
Mais je suis tout seul depuis plusieurs heures, et j’aimerais bien partager ces bons moments avec un pote du VMT, mais je sais que les autres sont loin devant et plus rapides que moi.
Sur la route à plat où l’on se croise, je repère un VMT devant moi, déjà sur son retour. C’est le km 120, et je sais que la descente finale n’est pas loin, alors je tente de le rattraper.
C’est dans la côte de Coursegoules que je revois cette tenue verte. J’accélère pour m’en rapprocher, reste derrière le temps de reprendre mon souffle et paraître frais, puis arrive à sa hauteur.
« Ça va Camilo ?
- Non. J’suis collé ! Ne m’attends pas, vas-y ! »
C’est vrai que je l’avais déjà vu en meilleure forme, alors je termine cette petite côte devant lui.
Dans le premier kilomètre de la descente finale, il me rattrape, et reviens à coté de moi. Je le regarde incrédule et l’interroge :
« On dirait que tu t’es refait une santé ?
- Oui, j’ai eu un coup de mou, mais ça va mieux maintenant ! »
Et à la faveur d’un virage de cette descente, il me fait l’intérieur à la régulière, me doublant à 50 km/h. Effectivement il va mieux. Je lui crie :
« Fais gaffe quand même, tu as trois enfants ! »
Je pense aussi à mes trois enfants, mais j’attends cette descente depuis cinq heures et n’ai pas envie de rester seul. Je comble alors, à 60 km/h, les cinquante mètres qu’il m’a pris. Nous resterons ensemble pendant les 30 km de cette descente de rêve, nous relayant devant, euphoriques comme des gamins qui jouent avec leur nouveaux vélos. Ce sera pour moi, un des meilleurs moments de la course. Arrivés sur le plat final, je lui dis que je vais ralentir pour me préparer au marathon, et repense aux conseils de Gwen, Doliprane, Adiaril, gels, et commence à me mettre dans la peau d’un marathonien.

Camilo et moi arrivons ensemble au parc à vélos, mais comme sa transition est plus rapide, il part courir devant moi. Il sera donc un bon point de mire.
Je m’élance donc à 14h30, pour ce marathon sous une chaleur accablante, avec son tracé démoralisant en 8 lignes droites de 5,2 km. Mauvais délire !
Le seul bonheur de ce tracé est qu’il nous permet de se croiser, et de voir tous les potes. Les « avions » du VMT sont souriants et on l’air épanouis : Les deux Jérome, Olivier R semblent dans leur élément. J’envie aussi Hervé qui ne quittera jamais son sourire.
Je rattrape enfin mon Camilo pour tenter de lui coller aux baskets. Il est visiblement moins frais que moi, et je le dépasse très progressivement en redoutant les 35 km qui nous séparent de la finish line.
Je rattrape ensuite une autre tenue VMT qui n’a pas l’air au mieux, et anticipant une réponse négative, lui demande quand même:
« Ça va Stéphane ?
- J’ai pas réussi à m’alimenter sur le vélo, maintenant je suis mort. Je vais juste cherche le T-shirt. Bon courage à toi ! »
Je m’éloigne doucement de Stéphane pour rejoindre ensuite Loic à qui j’adresse quelques mots :
« Fait chaud, on en chie !
- M’en parle pas, j’suis en vrac !
- Tu veux un Adiaril ou un truc ?
- Non, merci j’ai tout ce qu’il faut, mais je n’ai plus de jambes »
Et je m’éloigne doucement de Loic, en redoutant d’être le suivant à perdre mes jambes.
A un moment où il se ressourçait en marchant je passe Gilles, sans regarder ses chouchous et en pensant qu’il est dans son dernier retour. Je l’envie car il me reste 15 bornes. Je comprendrai après l’arrivée que j’avais tord d’envier Gilles à ce moment précis.
On croise maintenant tout les VMT sur le parcours. Ça sent l’arrivée, mais les regards commencent à être chargés lassitude, les visages marqués par l’effort et la chaleur. On n’a plus la force de faire le petit signe de main qui nous réchauffait le moral trois heures plus tôt. Je commence à en avoir vraiment marre de ce marathon de folie. Je coure de ravitaillement en ravitaillement, marchant dix mètres à chacun d’eux, mais m’interdisant de marcher entre. La troisième boucle me parait interminable.

J’attrape enfin le chouchou blanc qui me remonte le moral, et me laisse penser que je vais terminer cette course sur mes jambes. Je passe Jérome Martimort sans arriver à balbutier la moindre parole. A l’inverse, lui me parait en forme et son allure régulière.
Loic n’est pas loin derrière moi, et en le croisant il me crie :
« T’as Olivier à deux minutes devant ! Tu peux aller le chercher. Allez ! »
Je ne peux que lui répondre par un signe de tête, mais j’avais déjà commencé à accélérer, pour tenter de finir en moins de douze heures. Voila un élément de motivation supplémentaire pour finir cette dernière boucle. Effectivement, chaque fois que je croisais Olivier, je le voyais visage tendu, toujours à fond comme à son habitude !
Mais c’est après la finish line qu’Olivier m’attendra pour une accolade mémorable et les photos à deux, comme au Night Trail d’Auvers.

Voila, mon premier Ironman se termine en 12h02 sans casse avec l’agréable sensation d’être parti doucement pour arriver sûrement, en partie grâce aux conseils de Gwen notre dévoué coach. Merci à lui, et merci à tous les membres du VMT dont l’émulation de groupe a beaucoup contribué à cette belle expérience.

 


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