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10/08/2010

Saga de l'été - IM de Nice - Episode 1 - Loïc: Notre Marcel, pas Zamora mais Proust, à nous !

posté à 07h53 dans "News"

Hello,

Avant

Mon 1er IronMan de Zurich en 2009 avait été entrepris dans l’objectif qu’il soit unique : cela me paraissait être un aboutissement sportif personnel. Mais lors de cette course, la perte de temps liée à la crevaison avait provoqué chez moi un petite « déception ». Ce sentiment de frustration, ajouté à une émulation au sein du club de renouveler l’expérience ainsi qu’à un accord conjugal m’a amené à m’inscrire pour mon second IM : Nice 2010 !!!!

L’objectif est plus élevé : naturellement je veux le finir mais aussi « faire un temps ». Cependant, le parcours vélo est plus dur et le marathon sur la promenade des anglais risque d’être difficile car il n’y a pas d’ombre. Par ailleurs, il faudra gérer un élément déterminant que l’on ne rencontrera jamais pendant ces 6 mois d’entrainement : la chaleur ! (et dire qu’on a fait le dernier entrainement vélo une semaine avant avec la thermique et le cuissard long !!!!)

Ces entrainements se feront avec moins de motivation que l’an dernier (sûrement parce que c’est le 2ème IM). Lors du stage personnel en Lozère, je me prépare au dénivelé de l’arrière pays Niçois. Au final à la fin du mois de juin, j’arrive avec plus de km en vélo qu’à Zurich et qq km en moins en course à pied que je risque de payer sur le marathon.

Cette fin du mois de juin arrive vite et les prévisions météo sont analysées jour après jour. Les journées niçoises précédant la course sont belles mais pas caniculaires : 25°C avec orages. Là bas, on profite du village de l’organisation (pas terrible comparée aux Suisses), on s’acclimate à la mer Méditerranée, on réfléchit à l’organisation des sacs de transition, des sacs de ravitos… bref on prend ses marques. Par précaution j’irai repérer ce parcours vélo qui me fait peur avec ses 1900 m de dénivelé positif : plus de 4h de voiture pour se rendre compte que je ne ferai pas du 30 km/h de moyenne. Puis les supporters arrivent au compte goutte en fonction des grèves et des annulations de vols. Enfin le jour J arrive :


Jour J

Réveil avant le soleil, départ de la résidence à 4h45 pour un départ dans l’eau à 6h30. Toujours cette même ambiance matinale si particulière : un mélange de stress, d’envie, de hâte qui nous habite tous. Pour une bonne partie des 20 copains, il s’agit de leur bizutage sur cette distance. Cependant, que ce soit leur 1er ou mon 2ème IM, je crois qu’on a tous cette même appréhension, inquiétude mais aussi cette motivation, cette envie de réaliser une belle course et de se faire plaisir.

Sur le chemin, on rencontre des sportifs d’un autre genre qu’on n’a plus l’habitude de côtoyer : il s’agit des jeunes qui sortent de boite de nuit et qui nous encouragent sans trop se rendre compte de ce qui nous attend. C’est assez rigolo, on se prend un p’tit coup de vieux quelque part…

Arrivés sur la promenade des anglais, on aperçoit les bouées du parcours natation : les plus éloignées (à peine visibles) nous paraissent inaccessibles. Sur le lieu du départ, tout le monde se disperse pour aller à son vélo et régler les derniers détails (bidons, gonflage…). Presque 3000 athlètes sont affairés, concentrés et dans leur bulle. On sent la pression et la concentration qui montent : il n’y a presque aucun mot, aucune conversation dans le parc, tout juste le bruit des pneus gonflés : c’est un moment assez particulier.


Natation

Une fois prêts, nous sommes dirigés vers le départ de la natation en contrebas de l’agitation et des supporters. Des sas ont été mis en place en fonction de nos objectifs temps. Avec Camilo, je suis placé en -1h14. Juste à côté, 3 copains sont en -1h06 (trop optimiste pour moi). J’appréhende ce départ sur les galets et je sens qu’il ressemblera plus à celui de la Baule (type machine à laver) qu’à celui de Zurich (très doux). L’ambiance est là, les triathlètes sont concentrés, le speaker est au taquet : il nous demande de lever les bras et d’applaudir mais il n’y a pas beaucoup de répondant : cela fait 15 mn que nous sommes tous concentrés debout à regarder l’horizon tel un surfer qui attend LA vague. La concentration est à son maximum comme rarement elle l’a pu l’être. Dans quelques instants, je vais m’élancer pour mon 2ème IM, celui de Nice ! Il va falloir gérer son effort sur au moins 12h !

L’hélico arrive, le décompte est lancé et le coup de pistolet est donné. Situé en 5-6ème rideau j’observe les 1ers partir, j’entends la musique des Black Eyed Peas et je m’élance sur ces foutus galets. Le départ est tel que je l’imaginais : on se nage dessus, on prend des coups : impossible de faire 2 mouvements de crawl à la suite. J’essaye de rester zen et de suivre le groupe comme nous le conseillait le coach. Jusqu’à la 1ère bouée (600 m), c’est hard. On s’était « donné RDV » avec Olivier à cette 1ère marque mais il n’est pas là : placé sous les -1h06, il doit être devant et c’est tout le mal que je lui souhaite bien évidemment. Je passe en 11’17 et 156 pulsassions : ouah le temps est correct mais le cardio est élevé. Pendant toute la course, il faudra « se battre » car il y a peu d’espace entre les nageurs. Mes puls’ descendent à 139.

Le passage à l’australienne (30 m à pied sur les galets) après 2400 m de nage est mal indiqué. J’aimerai m’y arrêter pour observer le spectacle, profiter du moment et me rassurer en voyant les nageurs derrière moi mais je suis entrainé par la masse et je replonge rapidement pour finir les 1400 derniers mètres. Sur la dernière partie, les puls descendent enfin à 133 mais les sensations ne seront pas extras pendant toute la natation. Malgré tout, je réalise que je nage pour l’IM de Nice : il est 7h du matin, je suis dans la Méditerranée à 22°C et je vis un moment magique avec ce lever du soleil dans la Baie des Anges.
Au bout des 3800 m de nage, je regarde mon chrono qui s’était arrêté à la 1ère bouée soit 11’17, merde ! Ce n’est pas grave, le compteur officiel affiche 1h12’44. Je suis super content au vu de mes sensations et je remonte sur la promenade bien boosté. J’avais estimé mon temps à 1h15 donc j’ai qq secondes d’avance.

Lors de la transition, je prends mon temps pour être sur de ne rien avoir oublié (crème solaire, crème anti échauffement, gants, barres…); peut être un peu trop d’ailleurs car en rentrant le soir et en voyant les résultats, je m’aperçois que j’ai mis pratiquement 11’ pour me changer alors que les copains ont tourné en 5-6’.


Vélo

Au départ de la 2ème épreuve, je monte sur mon vélo en même temps que Jérôme Martimort. On passe ensemble tranquillement à 37 km/h devant les supporters, c’est top ! On échange quelques mots mais il part plus vite que moi. De plus 2 arrêts éclairs personnels feront que je ne pourrai pas le suivre. Je sais que les 180 km seront longs, je reste patient et fixe mes yeux sur mon cardio. Le parcours est magnifique et je profite des paysages beaucoup plus qu’en voiture. Les 80 1ers km constituent la partie la plus dure avec l’ascension du col de l’Ecre à 1120 m d’altitude. Des faux plats montants, des côtes et la chaleur qui grimpe comme les coureurs. Contrairement à Zurich où je m’étais fait doubler, beaucoup moins de concurrents me dépassent : on est tous prudent ! L’ascension de 20 km est longue et chaude : on souffre sous la chaleur et je me dis que ce sera pire lors du marathon. Des gens crèvent et forcément, j’ai une pensée pour eux…remember Zurich !

Physiquement et mentalement, tout va bien : je bois et m’alimente comme il faut mais ce serait bien de voir un copain du club quand même. L’organisateur indiquait qu’en haut du col de l’Ecre, le temps effectué sur les 80 1ers km était sensiblement équivalent à celui effectué sur les 100 suivants. Bien entendu, je regarde mon compteur : 2h53 de selle et 24 de moyenne : je suis donc sur les bases de 5h45 alors que je m’étais fixé 6h20. Bizarre…je reste prudent car je sais qu’il reste quelques difficultés et la chaleur qui monte, qui monte.

Après l’effort, nous sommes récompensés par une longue descente de 15 km : un vrai régal ! On est 2-3 descendeurs avec Patrick (un gars de 60 ans que je ne connais pas) et Craig (connais pas non plus). On se « relaye » pour ouvrir la route et on se fait bien plaisir à 50-60 km/h. C’est un vrai bonheur de couper les virages et d’avoir cette sensation de vitesse pendant autant de temps. De plus, on double pas mal de concurrents assez frileux dans la descente donc tout va béné !
En bas de la descente, j’aperçois un VMT : c’est Stéphane ! Ah enfin un copain (on est quand même au 105ème km). On fait une partie des 8 km de la côte de St Pons ensemble ce qui fait qu’elle passe plus vite que prévu. Il me dit qu’Hervé et Jérôme sont bien devant.
Plus loin une partie du parcours nous fait faire un aller retour sur une portion relativement plate de 10 km. Je croise Hervé (en effet bien devant) puis Jérôme (plus accessible). Au demi-tour, Stéphane est 100 m derrière moi et Camilo à environ 10 mn. Il y a une course dans la course : c’est sympa.

La fin du parcours est constituée d’une longue descente où «j’attaque » et d’un long faux plat vers St Laurent du Var où le vent de face m’oblige à ralentir mon allure. D’autres ont baissé le rythme également, notamment Jérôme que je double au 160ème km sur cette portion ventée. Je reste cependant prudent pour être en forme sur le marathon.

Je pose le vélo après 6h13 de pédalage (au lieu des 6h20 estimés) sans aucun pépin mécanique et physique. Je pars donc confiant sur le marathon qui je le pressens sera difficile à gérer avec la chaleur.


Marathon

Le parcours est simple : 4 allers retours jusqu’à l’aéroport ce qui permet de croiser les supporters et les copains 8 fois. Ce sera le seul avantage de ce parcours !!!

6 copains du club sont devant moi mais inaccessibles. Derrière, j’ai Jérôme, Stéphane, Camilo et Philippe à mes fesses : la partie est lancée. D’un point de vue personnel, l’objectif réaliste est de faire 4h15 (car il fait très chaud) et l’objectif très optimiste est porté à 4h00, ce serait magique !

Les 10 1ers km se font en moins d’une heure : tout va bien, je suis sur les temps optimistes. Mais à partir du 15ème km, le cauchemar commence : il fait plus de 35°c à 15h de l’après midi et les jambes ne répondent plus. Je sens que je commence à tomber dans la spirale infernale et que le marathon va être très très long. Ce qui me rassure un peu, c’est que je vois les 6 copains inaccessibles dans le même état que moi : Gilles marche, Olivier D est à l’agonie…
Les km me semblent interminables, les distances entre les ravitos me paraissent de plus en plus longues, l’enfer commence ! Je ressens exactement les mêmes sensations qu’à Zurich, c’est horrible. Je pense à manger salé et boire mon Adiaril mais rien n’y fera : c’est le trou noir pendant 17 km…
Je comprends que le marathon sera infaisable en 4h et difficilement réalisable en 4h15. Je m’oblige à ne pas marcher mais je cède une fois pendant 30’’ (sans compter les arrêts aux ravitos situés tous les 2 km).

Près de l’aéroport loin de la foule venue nous encourager, quelques palmiers et pelouses sont le refuge des plus fatigués. Certains urinent, d’autres s’allongent pour récupérer, d’autres vomissent…bref c’est l’hécatombe, c’est un peu le « cimetière » des triathlètes où la Croix Rouge fait beaucoup d’interventions. Ce marathon sera dur pour tout le monde et il reflète vraiment l’image de l’IronMan qui va au bout de ses limites. Personnellement, je ne vomirai pas mais mes supporters m’avoueront après coup que j’étais blanc et livide, c’est pourquoi ils m’avaient conseillé de marcher.

En croisant les copains, je m’aperçois que tout le monde souffre : Stéphane est mort, Camilo aussi, Jérôme tient bon la distance pas très loin derrière moi et Philippe remonte : il me rattrape au
30ème km. Il me double mais je n’ai pas la force de le suivre : Bravo Philippe, quelle belle perf’ ! Avec les copains, on arrivait à s’encourager sur le 1er tour mais au fil de la course, seul un regard de désespoir et de compassion est possible, et encore ! On ne peut même plus lever le bras et parler pour s’encourager, nous sommes tous dans des états pitoyables. Entre le 15ème et le 32ème km, je n’arrive plus à savoir à quelle vitesse je cours : l’intensité de l’effort et la chaleur sont tels qu’il m’est impossible de calculer mon temps par aller retour. Cependant, je comprends que Stéphane et Camilo ne me doubleront pas.

Au 32ème km, je passe le long de la ligne d’arrivée pour prendre mon dernier chouchou et finir mon dernier tour. Moralement, c’est bon et ça donne un coup de booster ! Je sais qu’il ne me reste que 10 km, c’est quoi 10 km mon Loïc ??!!! Allez donne tout ce que tu as, tu n’as plus qu’un aller retour, un pauv’ 10 km et ce sera fini ! Psychologiquement je reprends l’ascendant et mes jambes suivent mon mental. De plus, j’ai vu en passant près de la ligne que le chrono affichait 11h02 : je fais un calcul rapide en me disant que si je m’arrache comme un fou, je peux peut être faire 58’ comme au 1er tour et sprinter pour finir sous la barre des 12h. Il va de soi que cet objectif me redonne de l’énergie (faut aller la chercher à différents endroits arrivé à ce niveau d’effort). Je pars donc sur un bon rythme, enfin ce que je pensais être un bon rythme car lorsque j’arrive au demi-tour
(37ème km), je passe en 11h35 soit 33’ pour 5.3 km au lieu des 29’ visées. Cela signifie deux choses :
- c’est clair que je ne finirai pas en moins de 12h
- vu la distance qu’il y a entre Jérôme et moi au demi tour, il ne devrait pas finir devant moi.

Le dernier retour est difficile mais c’est le dernier donc on résiste, c’est vraiment le terme. Arrivé à mi parcours, je commence à me retourner pour zieuter un éventuel retour de Monsieur MARTIMORT : je saute les ravitos pour être sur de finir devant lui (ah l’orgueil positif, un autre moteur qui fait avancer !!!).
Arrivé devant le Négresco, il reste 500 m : la promenade est envahie de spectateurs, c’est génial, je retrouve le sourire et la niac ! Le passage sous l’arche Zoot signifie les 200 derniers mètres et là c’est de la folie : j’arrive à accélérer, à lever les bras afin d’inciter les supporters à applaudir, chose qu’ils font tous avec enthousiasme. Ils savent que je suis sur la fin et donnent tant de force et d’encouragement que je ne sens plus mes jambes. Ça crie de partout, ça applaudit, je me sens pousser des ailes (je pourrais même dire que je cours vite), c’est vraiment un moment exceptionnel de pur bonheur ! Je passe sous la finish line (100 derniers mètres) et c’est grandiose : la ferveur et l’enthousiasme des spectateurs est impressionnante. Le speaker annonce mon nom, la vache je vais finir mon 2ème IM.

Je distingue ma mère et Titouan avec leurs polos rouges. Il était prévu qu’il monte sur mes épaules mais il veut courir à côté de moi. Comme tu veux mon fils, allons-y gaiement : c’est un grand moment d’émotion gravé à vie que je souhaite à tous les papas ! On franchit tous les deux cette fameuse ligne d’arrivée en 12h12’00’’. Je m’arrête sous l’arche pour apprécier et je me retourne pour voir une dernière fois tous ces spectateurs qui m’ont boosté sur les derniers mètres. Voilà ça y est c’est fait, je suis finisher pour la 2ème fois, que d’émotions !

Je crois que Jérôme arrivera quelques minutes plus tard : j’ai eu chaud. Cependant merci à toi sinon je faisais plus de 12h15 !!!

Résultat final :
Natation : 1h13
Vélo : 6h13
Marathon : 4h29
TOTAL : 12h12 avec les transitions soit 1014/2800

A 12 mn près l’objectif optimiste était atteint mais la chaleur a eu raison de mes ambitions. Cependant, tout le monde a souffert : certains copains ont vomi en mer, d’autres se sont fait perfuser à l’arrivée…cela reste une épreuve mythique très difficile.

Un grand merci à tous les supporters, présents sur place ou derrière leur écran. Mention très spéciale à Madame pour son soutien à chaque instant (pendant la course mais surtout avant l’épreuve lors des entrainements)

PS : 11 mn de transition après la natation mais aucun coup de soleil. Les marques de Zurich devraient s’estomper cet été alors que pour d’autres, il faudra attendre plus longtemps…

 


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